dimanche 30 septembre 2012

La maternelle d'Auroville

Je suis certaine que certains attendent des nouvelles d'Auroville....son utopie, ses réalités, ses secrets, ses petites histoires....
Normal, on ne peut pas habiter Pondichery sans s'y rendre de temps en temps et pourtant, c'est seulement la semaine dernière que j'y suis retournée pour la première fois.
En fait déformation professionnelle (je ne me referai jamais) oblige, je voulais visiter les écoles maternelles dont j'avais tant entendu parler.




            Alors, c'est BEAU, on en rêverait tous!
Imaginez une école au milieu de la nature, sans un bruit autre que celui des oiseaux (je vous imagine me lisant en souriant! mais ça fait du bien, après le bruit de l'Inde, venez voir, vous allez comprendre très vite!). Une école tout en arrondis, avec des murs et des sols en ciment ciré, de couleurs harmonieuses, où tout le monde marche pieds nus, où tous les meubles sont à hauteur des enfants, où chaque coin est pensé en fonction d'eux. Imaginez une école où les élèves ne sont pas plus de 15 par classe, souvent moins et où il y a trois adultes avec eux! des enfants de toutes les nationalités qui sont au moins trilingues...

Imaginez une école où il y a des pièces spéciales pour peindre et créer, the painting room, des pièces pour construire avec des jeux conçus et créés pour eux.



Vous imaginez bien! et bien pourtant, c'est la catastrophe complète au niveau enseignement! il n'y a aucun enseignant formé, chacun fait ce qu'il veut en laissant faire les enfants, en les laissant trouver leur créativité et leur rythme propre, en les laissant diriger les adultes parce qu'ils ne faut pas les contrarier, en les laissant se battre parce qu'il faut qu'ils puissent s'exprimer! en les laissant faire et trouver seuls leur chemin!
Je ne vous raconte pas le carnage chez les adolescents (d'ailleurs à Auroville, ils ne sortent jamais vraiment de l'adolescence!)
J'ai rencontré les instits, donneurs de leçons, je préfère vraiment ne pas les avoir comme collègues, malgré les conditions de travail idylliques, sauf financièrement (c'est casiment du bénévolat pour la cause!), je préfère vraiment nos écoles, nos questionnements, nos projets, nos doutes, nos contradictions et nos erreurs que de travailler avec des "idéalistes" pareils (pour rester correcte).
Juste trois chiffres: En ce moment à Auroville, il y a à peu près 500 élèves scolarisés, de la maternelle à la fin des études, 300 donneurs d'enseignement, 3 profs formés!

 
        Mais les écoles sont belles, dommage que ça ne fasse pas tout!

 

La fête de Ganesh


        Connaissez vous Ganesh.
Ce demi dieu à tête d'éléphant, fils de Shiva et de Parvathi? C'est le seigneur des commencements, celui qui supprime les obstacles! Allez je vous emmène le chercher.
 
Peu importe son histoire, son père lui aurait coupé la tête, mais était ce bien son père? en tout cas, résultat des courses, c'est le personnage du panthéon indien le plus vénéré, fêté, admis dans les maisons, la rue, les écoles (même françaises!). Il protège, il favorise, il donne de la joie, du bonheur, de la réussité, en gros, c'est un parfait compagnon pour tous vos projets.
Il est donc très, très fêté et dimanche dernier, c'était son anniversaire!
Pendant plusieurs jours, il y en a eu partout dans les
rues. Ils y étaient façonnés, mis à sécher et peints en attendant le grand jour.

  Chacun se doit d'en acheter un, de le nourrir pendant au moins trois jours et d'ensuite aller le relacher dans la mer. Symbole de renaissance qui chaque année revient. C'était incroyable, il y en avait de toutes sortes, de toutes tailles, en ciment, en argile, en papier maché, en bois....

 Toujours avec son ombrelle!
             et décorés de fleurs et de fruits, il est transporté sur le site de son immersion . Il y recevra d'abord une bénédiction "un puja"et ses hotes s'aspergeront de la fumée reçue.






Normalement, le gouvernement a interdit que les Ganesh qui ne seraient pas en argile ou en papier retournent à la mer, par précaution contre la pollution.

Tout le monde s'en fout, l'important, c'est la cérémonie et peu importe si le lendemain, les poissons nagent sur le dos, intoxiqués par la peinture au plomb! car ce sont des centaines et des centaines qui ont été prendre leur bain à la nuit tombante, certains tellement gros, qu'ils ont été saisis par des grues!

 
 
Inde des paradoxes, des stupéfactions, je suis servie. Un vrai carnaval sous controle policier, je crois que l'année dernière, il y avait eu des débordements! En ces temps un peu troublés, méfiance.

vendredi 7 septembre 2012

Incredible english

 
Je suis en vacances ! Alors pour fêter ça, je retourne à l’école ! J'ai l'impression d'être en colo, c'est rigolo.

Et oui, je me suis inscrite pour un stage d’anglais et de yoga à Goa.
Mythique cité des années 80 où bon nombre de babas venaient essayer toutes sortes de substances sur les plages !

Ce n’est plus tout à fait ça, ou alors ce n’est pas la saison, parce qu’ici, c’est Monsoon time, ce qui veut dire que ce sont des seaux que le ciel vous déverse sur la tête et c’est really incredible ! but so beautiful....



Jamais été autant mouillée, pourtant les tropiques,
ça me connait ! Du coup, obligée de m’habiller en sari !
 

Quand je ne fais pas la touriste ou la princesse,  je fais du yoga et de l’anglais le matin, 1h30 de yoga avec un prof que je ne comprends rien de rien de ce qu’il raconte mais tant pis, je fais comme lui et ça va, je suis. Pas extraordinaire comme cours mais c’est du yoga, alors c’est bien.
 
Et ensuite après un énorme petit déjeuner, Anglais ! J’ai l’impression de stagner au niveau intermédiaire depuis que je m’y suis remise ! De moins en moins de problème pour comprendre, malgré un accent du fin fond du monde, par contre pour parler, ce n’est pas encore ça, malgré d’évidents progrès. Y’a du boulot, mais je vais continuer à Pondichéry. Ici, c’était juste pour m’y remettre et pour visiter Goa.
         De temps en temps, il ne pleut pas, j'en profite pour aller rêver sur les plages!


Et puis, je vous ai déjà emmenés avec moi visiter des usines de thé, cette fois ci, c’est une factory de transformation de noix de cajou. De la noix au sachets, je vous passe les différentes étapes, incroyable, tout bien sur à la main, à déguster avec respect!

 




C’est magnifique, des plages immenses et une végétation tropicale, très très tropicale avec jardins d’épices, éléphants, buffles  et plages immenses.











Couleurs du Monde


A Pondichéry, comme dans  beaucoup d’autres endroits en Inde, fleurissent les actions humanitaires d’aide à la personne et souvent à l’enfance. J’ai eu la chance de rencontrer Christine qui habite dans l’Hérault et qui est responsable de l’antenne de Pondichéry de l’association « Couleurs du monde ».


C’est une ONG qui s’occupe de femmes seules avec enfants, veuves, répudiées, abandonnées….et qui doivent survivre pour que leurs enfants aillent à l’école et grandissent comme les autres.

Même si le statut des femmes change en Inde, elles restent encore sous la tutelle des hommes, leurs pères d’abord, leurs maris ensuite et n’ont en général que peu, voire pas de moyens pour se prendre en charge et pourvoir à l’éducation de leurs petits.

 
 
 Par un système de parrainage, environ 70 familles sont ainsi aidées à Pondichéry et les dons permettent aux femmes d’envoyer leurs enfants à l’école, de les habiller et de les nourrir. L’école ici est en général payante, il existe bien une école gouvernementale gratuite mais apparemment le niveau de l’enseignement est très faible, ces écoles n’ont aucune crédibilité et les professeurs très peu formés. L’école privée, le plus souvent confessionnelle est donc la seule réelle possibilité pour ces enfants d e s’en sortir. Même si elles sont très peu chères, il faut néanmoins fournir les uniformes, le matériel et la nourriture.


J’ai été, avec Christine, visiter quelques familles où nous avons été reçues comme de véritables hôtes importantes et dans chaque regard perçaient la gratitude et les remerciements. C’était très émouvant et très réel. Une autre vision de l’Inde. De bidonvilles, en cases de tôle ou de palmes, nous avons été ainsi rendre compte des changements, des problèmes et des petites joies dans les familles. Chaque année, les familles sont visitées et un rapport est envoyé aux parrains français.
 
 
Maintenant, grâce à Couleurs du Monde, elles s’organisent, suivent des formations, n’ont plus peur d’être battues, se défendent, se rendent à des réunions, connaissent leurs droits, s’épanouissent et de plus en plus se prennent en charge….



Je vais aller deux fois par mois au siège de l’association pour aider. Souvent les mamans  veulent écrire à leurs bienfaiteurs en France. Elles disent en tamoul ce qu’elles souhaitent écrire, à la secrétaire, qui traduit en anglais et ensuite je vais essayer de traduire en français… je veux bien donner un peu de mon temps pour ces femmes, elles m’ont tant émue. Et puis quand on voit d’où elles viennent, où elles vivent, une pièce pour 5, pas d’eau, pas de toilettes, du bois pour cuisiner …. Mais leurs sourires traversent le monde !




Si vous voulez en savoir plus, je vous mets le lien : http://couleursdumonde.org/-Pondichery-Solidarite-

mardi 4 septembre 2012

Rameswaram


     Encore plus au sud
Je dois être un peu nostalgique…..et tout cas, j’ai été ravie de retrouver, enfin presque, le Sri Lanka.
En fait, pas du tout, mais je tenais absolument à me rendre à Rameswaram. C’est la petite pointe au sud-est de l’Inde qui s’enfonce vers le Sri Lanka. Il parait même qu’aux temps mythiques, il y avait un pont entre les deux qui a permis à Hanuman, le singe divin de libérer Sita, la femme de Rama. C’est une grande histoire qui figure dans le Ramayana mais je ne vous la raconterai pas, j’oublie les noms au fur et à mesure que je les lis ! Pas encore très au point sur les mythes et légendes indiennes, ça m’étonnerait que ça vienne !
C’est surtout un ensemble de petites iles qui s’enfoncent vers l’Est et  aussi une côte très très surveillée, vu l’animosité entre les deux pays, surtout ne pas monter dans une barque de pêcheurs sans autorisation de la police !
 

Alors comme toute ville chargée d’histoire, c’est une ville très sacrée où chacun devrait faire un pèlerinage afin de se purifier en se baignant dans la mer, même Odile a eu le courage d’y plonger, moi pas. On connait tous les rituels au bord de Gange, c’est à peu près la même chose. Les pèlerins entrent dans l’eau et s’immergent complètement en abandonnant leurs vieux vêtements, il y a partout des tas de saris et de dhotis qui trainent partout, ça donne une ambiance un peu surréaliste et très fervente.


Un tas de rituels incompréhensibles se déroulent sur la plage et sur les quais, de nombreux brahmanes officient devant des lingams en sable, des vaches sacrées, des statues diverses et devant une foule qui prie. Il faut ensuite se rendre au temple, un des plus grands, où bien sûr après s’être déchaussé, vous arpenter des salles, et des couloirs en suivant des processions. Je me retrouve une fois de plus avec des traits  de couleurs sur le front, de la cendre dans la main et les pieds dans un état plus que douteux. Je ne sais pas si j’en ferai autant chez nous. Il faudra que je retourne à Lourdes, une fois, juste pour voir !


C’est fou quand on est étranger ce qu’on peut s’intéresser à d’autres cultures ! J’ai oublié aussi de vous dire que dans ce temple, il y a 22 puits dans lesquels vous pouvez plonger, toujours pour vous purifier. On devait y aller mais on a fait une rencontre inattendue et le temps est passé trop vite !
Quand on est dans ce coin de l’Inde, on a envie d’aller encore plus à la pointe, alors en bus et puis ensuite en camion, on rejoint le bout du monde, c’est Dhanushkodi !
 
Le terme n’est pas trop fort, je sais, il y en a partout des bouts du monde mais celui-ci vaut vraiment le détour. Il y a longtemps, c’était une ville mais un terrible cyclone a tout détruit en 1964, la route, le train, les bâtiments  et maintenant il n’y a plus qu’une immense langue de sable et deux océans qui s’entrechoquent, c’est magique.  Haut lieu de pèlerinage également où toujours les gens se baignent habillés, où les milans tournent incessamment et où les vendeurs de coquillages protégés n’ont pas de scrupules. Mais vite, il faut remonter dans le camion, sinon, c’est 5km à pieds sous une chaleur très forte.







Le lendemain, départ à pieds pour Olaikuda, petit village de pêcheurs où on espère trouver une mer un peu propre pour se baigner, ne parlons pas de se mettre en maillot mais au moins pouvoir nager même habillée. Un pêcheur nous accompagne pour nous montrer sa plage, petite crique abritée et superbe où l’eau est miraculeusement très claire et très bleue. On s’y baigne avec plaisir puis on arrive à une autre plage, où un groupe de pêcheurs nous fait signe de nous asseoir sous le seul arbre de la plage et d’attendre. Oui, mais qui, mais quoi, alors on attend !

Et sortent de l’eau, des filets et des barques, trois français. En fait surtout, un, Rémi, jeune compagnon du tour de France, couvreur de son métier qui vit ici, dans ce village depuis un mois et qui aide les habitants à refaire les toits, les abris, les filets et qui partagent leur vie.


Comme il est français et que je crois les gens l’aiment beaucoup, nous sommes accueillis (le couple de touristes  également ) comme sa famille et pendant deux jours, nous avons été prises en charge  par cette tribu qui n’a pas grand-chose mais qui nous a nourries, véhiculées en moto et initiées aux mystères de la vie des plus humbles en Inde.

Ils nous ont préparé du poisson, emmenées au
marché, fait visiter un mémorial magnifique de Vivekananda, fait passer sur le pont qui relie Rameswaram au continent, et nous avons partagé un petit bout de cette réalité où une maman enceinte avait le palu, où une autre avait des problèmes cardiaques, où le cousin nourrissait tout le monde, où les enfants riaient en s’exerçant à parler, où les chèvres mangeaient dans les casseroles, où le poisson venait de sortir des filets…..un très beau moment.