samedi 1 décembre 2012

Karthikai Deepam

Il y en a qui croient que je suis toujours en vacances parce que quand j'écris, je les fais voyager! mais ma vie est un grand voyage, pas forcément de grandes vacances....Il est vrai que je  n'ai pas bien envie de vous entrainer dans la cour de la maternelle où les petits se plaignent parce que '"un m'a poussé et l'autre m'a jeté du sable". Je n'ai pas non plus envie de vous emmener en réunion pour savoir ce qu'on offre aux enfants pour Noël et pour savoir si on leur sert du chocolat chaud! Vous comprenez que pour moi, je ne me sens pas très concernée! et que malgré toutes mes bonnes intentions, je n'arrive pas à garder l'oeil de la découverte sur l'école.
Par contre, jeudi dernier, dans la rue, au marché et au lycée


 
                                                                       


       c'était la fête de Deepam. C'est une des très jolies fêtes indiennes, autrement appellée

la fête des lumières.   Il  y en a partout, chacun se devant d'illuminer le devant de sa maison pour que les Dieux puissent y entrer et y  apporter la "connaissance". Cela dure trois jours de festivités, beaucoup de lumières et aussi de feux d'artifice et de pêtards.

Kollam d'épices
C'est l'occasion de créer de très beaux Kollams colorés et illuminés par les lampes à huile. Il y en a de toutes sortes, de fleurs, d'épices, de sables, de

légumes....land 'art indien.

Et que chacun s'habille beau.
Alors, j'ai porté mon premier sari....et oui, il fallait bien ça.

C'est toute une aventure. D'abord le choisir parmi des milliers dans un immense magasin de trois étages, que des tissus!Il y en a des synthétiques et d'autes en soies incrustées de pierres, en passant par les cotons et autres mélanges...tout ce que tu veux, va choisir!
Ensuite, trouver la vendeuse qui va trouver la couleur juste du jupon, puis faire coudre le bustier assorti, donc aller chez le tailleur!

Et fin du fin, trouver quelqu'une qui va se régaler à t'entortiller sans que tu ressembles à un saucisson, qui te fasse les petits plis exactement où il faut pour que tu puissses marcher sans tomber, qui te place les fleurs dans les cheveux et qui te rassure en te disant que tu es la plus belle et que tu n'es pas du tout ridicule.
Avec ma directrice et ses filles!

C'était super et avec mes collègues, on s'est régalées à jouer le jeu.
Les gens dans la rue et les parents n'en revenaient pas, presque indiennes, comme quoi l'habit.....

Hampi

 

A 20 heures de train de Pondichéry, se trouve une magnifique ville en ruines, pleine de temples (400), de palais, de sculptures, de singes et de vestiges d’un monde révolu.
                

Pour la fin des vacances, j’y ai passé deux jours avec Nanie qui me restait.

  

C’était la cité d’un roi Vijayanagar qui avait décidé de s’installer au milieu de ces collines et de ces blocs de rochers pour y créer son royaume au 14ème siècle puis qui fut détruite par une coalition de sultans musulmans au 16ème.



Les bâtiments sont souvent encore merveilleusement debout et sont d’une grande élégance de style indo-musulman. Mais ce qui est le plus extraordinaire, c’est comment les gens vivent à l’intérieur et autour comme si nous vivions au milieu de l’Acropole ou du Colisée. Ca donne une impression magique de voir garder les  vaches et les chèvres, étendre le linge ou faire sécher les pâtes dans une atmosphère de cité royale. J’adore ces mélanges de sensations, ces possibles extrêmes, cette irréalité poétique. C’est vraiment un endroit où il fait bon séjourner, où les hommes pêchent dans la rivière,


en équilibre sur de grands paniers ronds, où les femmes lavent et lavent et lavent en tapant leurs saris et leurs tissus pendant des heures de discussion au bord de la rivière,  où les brahmanes vous racontent la vie des dieux et où les cobras, les vrais, tiennent des conciliabules le matin quand le soleil se lève!
    Sûr, on nous l’a raconté.                       

Et tout autour, des champs de canne à sucre, des rizières, des chars à bœufs, une belle


harmonie, des villages très authentiques où les gens nous ont accueillies avec leur sourires légendaires et où nous avions envie de rester!

vendredi 23 novembre 2012

Le Kerala


 Il y a dans le sud de l’Inde, un état qui n’est pas tout à fait comme les autres, en tout cas, très différent du Tamil Nadul et du coup, c’est un lieu privilégié pour aller se promener et passer des vacances.

Et en plus, on y lave les éléphants dans les rivières!
C’est beaucoup plus vert, plus tropical, plus riche, plus propre, plus touristique! Ce qui fait que j’y suis retournée. Non, non, je ne me lasse pas, c’est comme aller en Bretagne, on pourrait y aller chaque année!

J’y découvre à chaque fois des nouveautés.



J'y ai retrouvé le bonheur et la douceur des massages à l'huile ayurvédique, la douceur de la lumière le soir sur les canaux et  l'accueil de la famille de Sarva Atma.

Mais cette fois-ci, nous y avons aussi joué les princesses, au bord de la mer  à Varkala pour admirer le coucher de soleil et faire les touristes.



 Puis nous sommes parties pour Cochin, petite ville, ancienne colonie portugaise, très agréable, pleine d’antiquaires, de boutiques de luxe, de rues pavées, de filets de pêche chinois et de restaurants.
Mais nous y avons pris un déluge incroyable. L’eau montait à toute allure et nous avons pataugé avec de l’eau jusqu’aux genoux. En tong, ce n’est pas très pratique!


Ensuite pays de Munnar dans une magnifique Guest House, à proximité des montagnes couvertes de thé, toujours aussi magiques et au milieu de plantations de poivre et de
cardamome. La maison dominait et nous étions à hauteur des arbres, on était comme dans la jungle. Nous y avons également assisté à une représentation de Kalaripayat, ancêtre de tous les arts martiaux. Superbe, des hommes félins qui se battent en rampant et en voltigeant avec des gestes d’une autre dimension. Tiens si je pouvais, j’aimerais m’initier à cet art!

Ensuite, la cerise des vacances, les backwaters. Il s’agit d’aller passer une journée et une nuit sur des bateaux traditionnels, en bambous tressés. Ils sont très beaux, le parcours s’échelonne entre des canaux où on peut observer la vie des hommes et des animaux (plein, plein d’oiseaux) et une grande étendue,  lac où des milliers de jacinthes d'eau, de lotus et d’aigrettes ponctuent l’eau de taches de couleurs. C’est très beau, très romantique, très exagéré et très indien. C’est le voyage de noces typique et nous avons croisé de nombreux couples où les femmes avaient des bracelets des poignets jusqu’aux coudes. Joli, mais pas très pratique!

Et puis tout a une fin, Kine et Véro devaient quand même rentrer, et nous nous sommes quittées à l’aéroport. Un petit arret au temple sur le chemin où une cérémonie d'éléphants nous a subjuguées. Il se passe toujours quelque chose d'inattendu dans ce pays! tout est possible, c'est ça qui est incroyable et fascinant!Elles sont parties pour la France via Chennai et avec Nanie nous sommes parties sur Hampi via Bangalore.



Les couleurs de l'Inde, encore et encore , toujours qui fleurissent, qui pendent, qui illuminent et qui nous ravissent.


mardi 20 novembre 2012

La pointe Sud


L'alerte cyclonique de ma fenetre
il faisait très noir!
Tout au bout de l’Inde, il y a une pointe, c’est Kanyakumari (Cap Comorin). Alors moi, j’adore l’idée que trois mers se rejoignent, qu’on se trouve à une sorte de bout du bout et je voulais y aller.

Dès que le cyclone annoncé s’est adouci, dès que les réservations de train ont été confirmées et dès que les vacances ont été là, nous sommes parties pour le grand sud. Véro et Kine sont venues me rejoindre pour leurs vacances et découvrir pour la première fois l’Asie. Alors à nos sacs à dos, nos guides, nos billets et à leurs étonnements, questionnements, effarements et autres émerveillements.

La pointe, c’est surtout un pèlerinage indien avec une ambiance très très locale, des vendeurs de tout ce qu’on peut imaginer, mêlant fausses perles, coquillages en plastique, noix de coco verte, encens, antiquités, bananes,

corail et images saintes… 

C’est un lieu marqué de plusieurs symboliques: temple en l'honneur de Devi, déesse qui vainquit des démons,  mémorial de Gandhi où se trouvent une partie de ses cendres,  mémorial de Vivekananda, philosophe du 19ème siècle qui a importé l'Inde en Occident et en plus une immense statue d'un poête tamoul très connu…… qui fait partie des hauts lieux de pèlerinage indien. En général, ils adorent ça et moi aussi. C’est une ambiance improbable où le touriste ne s’y retrouve guère parce que pas grand-chose qui correspond à nos clichés ni à nos normes. Ce n’est pas vraiment beau, pas vraiment propre, assez incompréhensible mais c’est l’Inde avec tous ses possibles et ses contradictions  !





 En chemin, on en a aussi profité pour visiter un très beau temple dans lequel les brahmanes jouent de la musique en tapant sur des colonnes de granit ( véridique, ça sonne!) et un ancien palace de maharadja du 15ème siècle, le Padmanabhapuram Palace tout en bois (en teck) et où on marche pieds nus sur un sol extraordinaire. Un plâtre ciré à l’œuf, jus de feuilles de palmier, poudre de noix de coco…….
un pur bonheur ! 

dimanche 30 septembre 2012

Auroville toujours

Je continue sur le même endroit car j'ai profité pour prolonger par un weekend un peu plus long que prévu, le lycée français ayant fermé ses portes. Merci Charlie!

D'abord super bien accueillie dans une guest house de la communauté d'une remplaçante de l'école, c'était super de pouvoir vivre Auroville, un peu plus de l'intérieur.   Et tellement reposant, je ne me rendais pas compte à quel point le bruit de l'Inde me fatiguait.... du coup, vélo, terre rouge, délires architecturaux, ateliers de fabrication, réalisations artistiques, piscine et rencontres.
 
J'ai même été visiter une communauté, encore plus dingue que toutes les autres: Sandhana forest. Moi au début, je croyais que c'était une visite en foret, normal avec ce nom là! et bien pas du tout. C'est un peu à l'extérieur d'Auroville (u n bus vient vous chercher) mais sur des terrains achetés il y a très longtemps, une aventure complètement incroyable où quelques personnes se sont installées ( françaises, américaines et israéliennes) pour construire un nouveau monde.

Ecolos jusqu'au bout des idées et des actes, purs végétariens, faisant la vaisselle à la cendre, pédalant pour avoir l'électricité (maintenant, ils viennent d'installer des panneaux solaires), cuisine au bois, économisant l'eau, reboisant, n'envoyant pas leurs enfants à l'école, engageant des volontaires qui triment toute la journée avec le sourire, faisant la promotion de films écolos et tous les vendredis soirs, vous avez droit à un film et un repas offerts pour le bonheur de venir partager avec eux un beau rêve. Les constructions ont là aussi magnifiques, tout en bambou mais il y a vraiment quelque chose qui n'est pas passé du tout! Je en comprends pas trop le but, peut être sauver la planète!

Auroville vous permet de vivre vos rêves et de mettre en place vos utopies.

Bien sur, au départ, c'était le fruit et la concrétisation de Sri Aurobindo et de la Mère ( très bons renseignements sur Internet pour ceux qui ne connaissent pas, je risquerais de vous induire d'erreurs si je me mettais à en parler) mais maintenant, je crois que les idées sont derrière malgré des photos, des autels et des référence interminables à cette époque. Beaucoup de gens viennent profiter d'Auroville, s'y installent, s'y confortent, y font leur business ou tout simplement y vivent à petits prix dans de superbes conditions. On en reparlera!

Mais quand même le clou du lieu, c'est le Matri Mandir. Grande sphère, recouverte d'or que tout le monde tente d'apercevoir et surtout d'y pénétrer pour y méditer dans une salle blanche et ronde juste éclairée par la lumière du jour qui passe par un trou et qui est réfléchie par le plus gros cristal du monde. A vivre! mais il faut montrer pattes blanches (au propre et au figuré!)
 
En tout cas, j'ai l'impression d'avoir changer de monde, rien que d'y passer trois jours, ça m'a fait un bien fou! et comme c'est tout près, je pense que je
 vais y aller de temps en temps, m'y mettre au vert.